Initiative

Qui Ottawa protège-t-elle ?

Une campagne nationale de sensibilisation visant à faire prendre conscience des graves préjudices découlant de l’interdiction, prévue pour 2024 par le gouvernement du Canada, de la vente de sachets de nicotine dans les dépanneurs.

Les dépanneurs ne sont pas le problème

En août 2024, le gouvernement du Canada a interdit aux dépanneurs et autres détaillants de vendre des sachets de nicotine approuvés par les autorités fédérales. Du jour au lendemain, les fumeurs ont perdu un accès facile et légal à une thérapie de substitution nicotinique (TSN) approuvée par Santé Canada, dont il a été démontré qu’elle était 99 % moins nocive que la cigarette. Le gouvernement a justifié sa décision en affirmant qu’elle réduirait l’accès des jeunes à la nicotine.

Deux ans plus tard, il apparaît plus clairement que jamais que l’interdiction visant les supérettes a été un échec cuisant. Elle a fait reculer la santé publique, pénalisé des commerçants qui travaillent dur et enrichi des gangs criminels, sans pour autant avoir le moindre impact sur la consommation de nicotine chez les jeunes.

Quels ont été les résultats de l'interdiction des dépanneurs ?

Maintenant que les magasins ont l’interdiction de vendre des sachets de nicotine depuis deux années complètes, nous disposons d’une compréhension claire et fondée sur des données factuelles des résultats de cette politique. En bref, cette interdiction s’est avérée un désastre : elle n’a produit aucun résultat positif tout en infligeant des conséquences négatives importantes à la société canadienne.

Les conséquences de cette interdiction peuvent être classées en deux grandes catégories : la santé publique et la sécurité publique. En matière de santé publique, cette mesure a notamment exposé les Canadiens à davantage de produits contrefaits, illégaux et non testés, a sapé notre lutte pour éliminer le tabagisme et a permis aux mineurs d’accéder à des produits à forte concentration en nicotine. Quant à la sécurité publique, elle a été compromise par l’enrichissement des gangs vendant des sachets illégaux, ce qui leur a permis de réinvestir ces recettes dans d’autres activités criminelles et a privé l’État de recettes fiscales.

A exposé des Canadiens à des sachets de nicotine dangereux

Les sachets approuvés par le gouvernement, fabriqués par des entreprises agréées et de confiance, ont été remplacés par des contrefaçons dangereuses et non réglementées, distribuées par des organisations criminelles. Ces sachets peuvent contenir une grande variété de contaminants potentiels inconnus : les consommateurs n’en sauront jamais rien, car ils ne font l’objet d’aucun contrôle. Et alors que la teneur en nicotine des sachets légaux est limitée à 4 mg par sachet au Canada, les sachets illégaux sont couramment vendus à des concentrations de 30 mg par sachet, voire plus.

Ça ne prend qu'une minute

Réduction du tabagisme compromise

Les dépanneurs indépendants accueillent chaque jour des centaines de milliers de fumeurs canadiens. Avec l’interdiction des sachets de nicotine, nous avons perdu un moyen essentiel d’aider ces clients à arrêter de fumer. Les sachets légaux sont désormais enfermés derrière le comptoir des pharmacies, ce qui limite considérablement leur accessibilité pour de nombreux Canadiens, en particulier ceux qui vivent dans des communautés rurales et isolées. C'est absurde, mais vrai : au Canada, il est plus facile d'acheter légalement des cigarettes que des sachets de nicotine. Les pays qui ont le mieux réussi à réduire le tabagisme, comme la Suède, ont autorisé la vente de sachets dans tous les points de vente où l'on trouve des cigarettes.

Sachets illégaux à Stouffville, en Ontario

Sacs illégaux à Markham, en Ontario

Augmentation des profits d'origine criminelle

Les seuls à avoir tiré profit de l’interdiction imposée par le gouvernement sont les criminels qui ont su exploiter ce vide juridique pour multiplier considérablement leurs revenus en vendant des sachets de nicotine illégaux, tant en ligne que dans des points de vente clandestins. Il suffit d’une recherche de cinq secondes sur Google pour constater qu’il est facile d’acheter des sachets de nicotine au Canada – mais pas les sachets légaux. Et bien sûr, ces criminels n’hésitent pas à vendre ces produits aux mineurs.

Pourquoi Ottawa poursuit-elle cette politique ?

La réponse honnête ? Nous n’en savons rien. Le gouvernement n’a jamais disposé de preuves pour étayer sa conviction supposée selon laquelle une part significative des dépanneurs vendait des produits nicotiniques aux jeunes. Nous avons à notre actif plusieurs décennies de vente responsable de tabac et d’alcool et, pas plus tard qu’en 2025, le programme d’inspection de Santé Canada a lui-même constaté que plus de 99 % des dépanneurs respectaient la Loi sur le tabac et les produits de vapotage.

Le maintien de cette politique ne fait que nuire aux fumeurs, pénaliser les commerçants honnêtes et favoriser les criminels. C’est pourquoi notre campagne pose la question suivante : qui Ottawa protège-t-il ?

Ce que nous faisons pour y remédier

Nous avons créé l’ADDI pour donner la parole aux milliers de propriétaires de dépanneurs indépendants à travers le Canada qui souhaitent défendre ce qui est juste. Le gouvernement ignorera les petites entreprises prises individuellement, mais si nous nous unissons, il n’aura d’autre choix que d’entendre notre message.

Pour y parvenir, nous menons plusieurs actions : nous recrutons davantage de gérants de magasins pour qu’ils adhèrent à notre association, nous recrutons des membres pour siéger au sein de notre conseil de direction, nous participons à des interviews avec les médias, nous publions des communiqués de presse, nous diffusons notre message sur les réseaux sociaux, nous nous adressons directement aux députés, et bien plus encore.

Comment vous pouvez nous aider

Si vous êtes propriétaire d’un commerce indépendant au Canada, nous vous encourageons à nous rejoindre ! C’est en unissant nos forces que nous pourrons le mieux apporter un véritable changement.

Si vous n’êtes pas propriétaire d’un commerce, mais que vous partagez nos convictions concernant l’amélioration de la santé publique et la réduction du rôle du crime organisé dans notre société, faites-nous savoir que vous nous soutenez ! Vous pouvez le faire en partageant avec nous des photos et des vidéos de sachets illégaux dans votre quartier et en signalant ces vendeurs à la police.

Nous vous serions également reconnaissants de nous suivre et d’interagir avec nous sur les réseaux sociaux, de nous faire part de votre soutien par e-mail à l’adresse advocacy@icsa-addi.ca, et d’écrire à votre député pour lui faire part de votre opposition à l’interdiction des sachets de nicotine dans les supérettes.

Mesures que vous pouvez prendre