
L’ADDI demande au gouvernement de supprimer les frais d’interchange sur la partie de chaque vente correspondant à la taxe
.png)
Les dépanneurs indépendants perçoivent consciencieusement les taxes pour le compte du gouvernement à chaque vente. Comme nous sommes des entreprises à faible marge et à fort volume de ventes, et que nous vendons des produits fortement taxés comme l’essence, l’alcool et le tabac, nous percevons un montant de taxes très important par rapport à nos modestes profits. En fait, plus de 40 % de l’ensemble des revenus des dépanneurs provient des taxes qui doivent être versées au gouvernement.
Le problème est que les réseaux de cartes de crédit nous obligent à payer des frais d’interchange sur ces volumes de ventes, même si nous ne faisons que jouer le rôle de percepteurs d’impôts pour le gouvernement. Ce système fondamentalement injuste coûte en moyenne plus de 30 000 $ par année à chaque dépanneur canadien. Il est important de comprendre que cet argent va à d’énormes sociétés étrangères comme Visa et Mastercard, et non au gouvernement. La suppression de ces frais injustes donnerait plus de pouvoir aux entrepreneurs canadiens sans coûter un sou de revenus à nos services sociaux.
Les géants de la distribution comme Costco et Walmart sont en mesure d’exiger des frais d’interchange moins élevés de la part des réseaux de cartes de crédit, qui craignent d’être exclus de leurs franchises. Les petites entreprises comme la nôtre ne disposent évidemment pas d’un pouvoir de négociation suffisant pour conclure des ententes aussi avantageuses. Cela signifie que les dépanneurs locaux, gérés par des entrepreneurs incroyablement travailleurs, paient plus cher, pour le même service, sans aucune raison valable.
En 2023, le gouvernement du Canada a plafonné les frais d’interchange, mais uniquement pour les entreprises dont le volume annuel de ventes par carte Visa est inférieur à 300 000 $ et dont le chiffre d’affaires annuel par carte Mastercard est inférieur à 175 000 $. Pour les dépanneurs ouverts 365 jours par année, cela correspond à 822 $ par jour de ventes par carte Visa et à 479 $ par jour de ventes par carte Mastercard.
Ce seuil est trop bas pour profiter à de nombreux magasins indépendants, en particulier ceux qui vendent du carburant. La grande majorité des acheteurs de carburant paient par carte de crédit, et tout Canadien ayant subi la hausse des coûts de l’énergie au cours des dernières années comprendra qu’une station-service relativement petite peut atteindre ces niveaux de volume de ventes en quelques heures seulement.
Que le prix de l’essence et du diesel augmente ou diminue, les dépanneurs indépendants réalisent la même maigre marge sur le prix de gros qu’ils doivent payer. Les dépanneurs qui vendent du carburant ne profitent pas de la hausse des prix comme le font les producteurs et les raffineurs de pétrole; en fait, la hausse des prix du carburant nous nuit, car elle incite les consommateurs à dépenser moins sur les produits vendus en magasin.
De plus, à mesure que le coût du carburant augmente, nos stations-service sont confrontées à une hausse des frais d’interchange liés aux cartes de crédit. Si le plein coûte 100 $ au lieu de 60 $, notre profit reste le même, mais le montant que nous sommes obligés de verser à Visa et à Mastercard augmente considérablement. Et bien sûr, la hausse du coût du carburant rend presque impossible, même pour les plus petites stations-service, de rester en dessous des seuils de revenus fixés pour 2023.
L’élimination des frais perçus par d’énormes entreprises américaines détenant un monopole de fait dans leur secteur permettrait à nos entreprises d’économiser près de 90 millions de dollars par année, ce qui nous permettrait d’investir dans nos stations-service, d’embaucher davantage de personnel et de prendre d’autres mesures bénéfiques pour l’économie canadienne.
De plus, l’élimination des frais d’interchange ne coûterait pas au gouvernement un sou des recettes servant à financer les services sociaux essentiels dont nous dépendons. Nous continuerions de verser au gouvernement le même montant d’impôt, seules les commissions versées aux réseaux de cartes de crédit étant supprimées.